« Toute CPJ pourvue en 2026 devra être gagée par le non-remplacement d’un départ d’enseignant-chercheur » (circulaire Dgesip)

Pour la 6e campagne de recrutement de CPJ, la Dgesip informe les présidents des EPSCP de nouvelles modalités d’attribution du dispositif, dans une circulaire du 28 avril 2026 dont AEF info a eu copie. Ainsi, « toute CPJ qui sera pourvue dans l’année civile devra être gagée par le non‑remplacement d’un départ d’enseignant‑chercheur intervenant au cours de l’année 2026 », indique le document. Par ailleurs, « le package financier associé à la CPJ est attribué dans les mêmes conditions que lors des campagnes précédentes », est‑il précisé.

EF, Dépêche n°751057, 21 mai 2026

Une circulaire de la Dgesip, adressée le 28 avril 2026 aux présidents des EPSCP, précise l’organisation de la campagne 2026 de chaires de professeur junior. « Dans le cadre de la loi de finances pour 2026, les orientations fixées par le Premier ministre imposent un schéma d’emplois à l’équilibre entre 2025 et 2026, tant au niveau du programme budgétaire qu’à celui des établissements. Ainsi, toute chaire de professeur junior qui sera pourvue dans l’année civile devra être gagée par le non‑remplacement d’un départ d’enseignant‑chercheur intervenant au cours de l’année 2026 », indique la circulaire dont AEF info a eu copie.

« Pour chaque chaire qu’il se voit attribuer, l’établissement reçoit un versement en une fois (à la signature du contrat) de 200 000 € (appelé package) » et « un financement pérenne pour assurer une rémunération minimale »

Concrètement, « le poste et son financement sont garantis pour une durée maximale de six ans, jusqu’à la titularisation éventuelle du lauréat ». « Le package financier associé à la CPJ est attribué dans les mêmes conditions que lors des campagnes précédentes », précise le document. « Si votre établissement ne souscrit pas à ce schéma, il ne sera pas possible de vous octroyer de CPJ en 2026 », prévient en outre la Dgesip.

Dans un communiqué publié mi‑mai, Udice alertait sur la nécessité de « consolider le dispositif » afin qu’il ne « se substitue pas aux emplois pérennes ».

800 CPJ ouvertes depuis 2021

Pour rappel, le dispositif des CPJ, qui est défini par un décret en date du 17 décembre 2021, constitue « une voie complémentaire de recrutement sur projet de recherche et d’enseignement avec une première phase de trois à six ans sur un poste contractuel puis, après évaluation de la valeur scientifique et de l’aptitude professionnelle de l’agent par une commission de titularisation, l’accès direct au corps de professeurs des universités et assimilés ou au corps des directeurs de recherche ».Ainsi, depuis 2021, 200 CPJ peuvent être ouvertes au recrutement chaque année. La LPR prévoit la création de 2 000 chaires de professeur junior d’ici à 2030. En avril 2025, près de 800 CPJ avaient été ouvertes depuis la mise en oeuvre de la loi en 2021.

Financement et modalités d’attribution

La circulaire rappelle le financement du dispositif qui ne change pas. « Pour chaque chaire qu’il se voit attribuer, l’établissement reçoit un versement en une fois (à la signature du contrat) de 200 000 € (appelé package) » et « un financement pérenne pour assurer une rémunération minimale correspondant à l’indice majoré IM 735 », ce qui représente 85 000 €, charges comprises, pour les EPSCP. Pour les établissements dont la tutelle ne serait pas le MESRE, seul le package est financé par le MESRE, « la masse salariale étant à la charge du ministère de tutelle de l’établissement ». Ainsi, il lui est demandé d’informer le ministère de tutelle de sa demande de CPJ.

En outre, le document précise que la taille de l’établissement, en particulier le nombre d’enseignants‑chercheurs rattachés au MESRE, est aussi prise en compte, ainsi que les situations suivantes :

  • « L’établissement a candidaté en 2025 et il a déjà un socle minimal de CPJ pour 2026. Dans ce cas, ses demandes pour 2026 s’appuient sur la note stratégique de 2023 et 2024 (modifiable pour 2026) et précisent les profils attendus. Il peut solliciter une à deux CPJ supplémentaires en les classant et en justifiant sa demande en lien avec la note stratégique ;
  • L’établissement a candidaté en 2025 mais il n’a pas de socle minimal pour 2026. Il peut demander une à deux CPJ en s’appuyant sur la note stratégique 2025 (modifiable pour 2026). Les demandes sont classées par priorité ;
  • L’établissement n’a pas candidaté en 2025, il rédige dans ce cas une note stratégique expliquant la contribution de la CPJ à sa politique scientifique et à l’attractivité de candidats d’excellence, notamment à l’international. Il indique le nombre de CPJ demandées, entre 1 et 4, selon la taille de l’établissement et il classe ses demandes par priorité ».

La note stratégique, nouvelle ou adaptée, et les profils de CPJ devront être saisis via la plateforme Dialogue avant le 28 mai 2026 au plus tard.

Sélection des candidats et signature des contrats

La circulaire définit également le calendrier de la procédure de sélection. Au cours du premier semestre 2026, la publication d’un arrêté est prévue pour déterminer par établissement ou organisme les ouvertures de CPJ pour l’année 2026. Entre juin et novembre 2026, la sélection des candidats aux projets de recherche et d’enseignement est prévue avant une signature du contrat de pré‑titularisation au plus tard le 31 décembre 2026, « qui doit être suivie dans les deux mois de la signature d’une convention de recherche et d’enseignement ». »Bien que ne figurant pas encore à ce stade dans les critères de titularisation des lauréats des CPJ recrutés dans le cadre de cette campagne, il est fortement recommandé de les encourager au dépôt de projets de recherche de haut niveau, s’inscrivant dans les dispositifs de financements compétitifs européens ou internationaux (ERC, Horizon Europe, MSCA, EIC, etc.) », précise la Dgesip.

Enfin, en cas de procédure de recrutement infructueuse ou en cas de démission, l’établissement doit en faire part au ministère pour demander la republication de la CPJ.

Suivi des chaires

Enfin, la circulaire précise qu’il est « essentiel d’assurer un suivi rigoureux et actualisé de chaque chaire attribuée afin de permettre un bilan à destination du MESRE, de la représentation nationale et des corps d’inspection ». « À cette fin, il est demandé aux établissements de compléter, dans l’application Dialogue, toutes les informations demandées concernant la situation de chaque chaire, ainsi que les informations relatives à leurs titulaires. »